Le pèlerinage est une expérience de foi qui engage toute la personne : esprit, cœur et âme. Chaque pas devient symbole d'un chemin intérieur vers la découverte de la miséricorde de Dieu et de sa propre réconciliation avec Lui.
Le Jubilé représente un moment privilégié pour entreprendre ce parcours, rythmé par sept étapes significatives. Chaque étape est une invitation universelle à vivre la foi de manière simple, profonde et communautaire. Car dans le pèlerinage de l'espérance, personne n'est exclu.
Décider de vivre le Jubilé signifie quitter sa maison, un lieu sûr, et avoir le courage de partir, de commencer un chemin, surtout intérieur, où s'il y a une porte à ouvrir c'est d'abord celle de son propre cœur, sans aucune peur mais avec le désir d'accueillir Dieu, de mieux se connaître et d'accueillir les autres qui partageront le même chemin.
Le Jubilé demande de se mettre en chemin et de franchir certaines frontières. Quand nous bougeons, nous ne changeons pas seulement de lieu, mais nous nous transformons nous-mêmes. En ce sens, le pèlerinage est un voyage spirituel et implique une condition fondamentale : la décision de le faire, de se mettre en route, de se remettre en question.
Le mot "pèlerinage" vient du latin et signifie "à travers les champs", ou "passage de frontière" : les deux nous rappellent que l'envie de commencer un voyage est déterminante. Le parcours, en réalité, se construit pas à pas : il y a divers itinéraires à choisir, des lieux à découvrir ; les compagnons de route permettent de s'enrichir de contenus et de perspectives nouvelles. Le pèlerinage est une expérience de changement de son existence pour l'orienter vers la sainteté de Dieu. On s'engage à créer un monde meilleur pour soi et sa famille. Le Jubilé est aussi la mise en œuvre d'une culture où différents styles de vie et orientations se rencontrent sur un chemin commun. Le pèlerinage devient contact avec la pauvreté et le malaise, stimulation à penser et à concrétiser des gestes de libération.
Le Jubilé est un signe de réconciliation, car il ouvre un "temps favorable" à sa propre conversion. Il met Dieu au centre de son existence, en se dirigeant vers Lui et en reconnaissant Sa primauté. Concrètement, il s'agit de vivre le sacrement du pardon des péchés, de profiter de ce temps pour redécouvrir la valeur de la réconciliation et recevoir personnellement la parole du pardon de Dieu.
Le Pape François a dit : « Dieu ne se fatigue pas de pardonner, c'est nous qui nous fatiguons de demander Sa miséricorde. »
Quelles sont les trois étapes fondamentales pour vivre le Jubilé ?
Je crois en un seul Dieu,
le Père tout-puissant,
Créateur du ciel et de la terre,
de l'univers visible et invisible.
Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ,
le Fils unique de Dieu,
né du Père avant tous les siècles :
Il est Dieu, né de Dieu,
lumière, née de la lumière,
vrai Dieu, né du vrai Dieu,
engendré, non pas créé,
de même nature que le Père ;
et par lui tout a été fait.
Pour nous les hommes, et pour notre salut,
il descendit du ciel ;
par l'Esprit Saint,
il a pris chair de la Vierge Marie,
et s'est fait homme.
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,
il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour,
conformément aux Écritures,
et il monta au ciel ;
il est assis à la droite du Père.
Il reviendra dans la gloire,
pour juger les vivants et les morts,
et son règne n'aura pas de fin.
Je crois en l'Esprit Saint,
qui est Seigneur et qui donne la vie ;
il procède du Père et du Fils.
Avec le Père et le Fils,
il reçoit même adoration et même gloire ;
il a parlé par les prophètes.
Je crois en l'Église,
une, sainte, catholique et apostolique.
Je reconnais un seul baptême
pour le pardon des péchés.
J'attends la résurrection des morts,
et la vie du monde à venir.
Amen.
La Porte Sainte est le symbole du Jubilé. La Porte Sainte prend une signification particulière : c'est le signe le plus caractéristique, car le but est de pouvoir la traverser. Son ouverture par le Pape constitue le début officiel de l'Année Sainte. À l'origine il n'y avait qu'une seule porte, à la Basilique Saint-Jean-de-Latran, qui est la cathédrale de l'évêque de Rome. Pour permettre aux nombreux pèlerins d'accomplir le geste, au cours des siècles les autres Basiliques romaines ont offert cette possibilité : Saint-Pierre au Vatican, Sainte-Marie-Majeure et Saint-Paul-hors-les-Murs.
Le Jubilé 2025 a officiellement commencé le 24 décembre 2024 avec l'ouverture de la Porte Sainte de la Basilique Saint-Pierre et dans les semaines suivantes les Portes des 3 autres basiliques ont été ouvertes. Puis le dimanche 29 décembre 2024, dans toutes les cathédrales, les évêques diocésains ont célébré une Sainte Messe comme ouverture solennelle de l'Année jubilaire. En passant la porte, le pèlerin se souvient du texte du chapitre 10 de l'Évangile selon Jean : "Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé" (Jn 10,9). Le geste exprime la décision de suivre et de se laisser guider par Jésus, qui est le Bon Pasteur. La porte est aussi un passage qui introduit à l'intérieur d'une église et donc à la communauté chrétienne ; ce n'est pas seulement l'espace du sacré, à approcher avec respect, avec des comportements et des vêtements appropriés, mais c'est un signe de la communion qui lie chaque croyant au Christ : c'est le lieu de la rencontre et du dialogue.
La charité est le plus beau fruit d'une vie chrétienne. Personne ne peut penser que le pèlerinage et la célébration de l'indulgence jubilaire pourraient être relégués à une forme de rite magique, sans savoir que c'est la vie de charité qui leur donne leur sens ultime et leur efficacité réelle.
La charité est l'amour du prochain, comme disait l'évangéliste Jean. Un amour qui ne vient pas de l'homme, mais de Dieu. Il est donc évident que aucun croyant ne peut affirmer croire s'il n'aime pas.
Le pèlerinage jubilaire ne se conclut pas en ayant franchi la Porte Sainte, mais c'est un chemin intérieur qui nous change. Le Jubilé n'est pas un événement limité dans le temps : il commence, se conclut et puis tout revient comme avant ; mais nous retournons à la vie quotidienne.
Nous comprenons que nous avons changé si nous rapportons quelque chose avec nous et si les fruits du chemin que nous avons fait sont visibles dans notre vie quotidienne. Le pèlerinage a du sens si en rentrant à la maison nous commençons à regarder le monde avec des yeux nouveaux, si notre regard a changé en mieux. En particulier, que cette expérience du Jubilé nous aide à rentrer chez nous avec le désir d'être un peu plus Pèlerins d'Espérance. L'espérance chrétienne ne concerne pas l'idée que quelque chose pourrait arriver ou non. L'espérance chrétienne est une certitude.
C'est la certitude de la présence de Jésus dans notre vie, de Son amour dont rien ne pourra jamais nous séparer, pas même la mort, car la vie que nous avons reçue dans notre baptême, grâce à la mort et résurrection de Jésus, est la vie éternelle. Le monde a besoin de l'espérance chrétienne et les disciples de Jésus sont appelés à la semer avec des mots, avec de petits gestes, avec la proximité, aidant les personnes qu'ils rencontrent à retrouver confiance et sens dans leur propre vie, à se sentir aimées par Dieu, à goûter la joie que seul Jésus peut donner.